Breakdance/Breaking : Enseigner ou partager ?

Breakdance/Breaking : Enseigner ou partager ?

Nous, acteurs de la culture hip-hop, sommes nombreux à parler du sujet. Comment apprendre l’art de notre culture à une personne qui désire y mettre un pied ? Quelle méthode d’apprentissage garanti de bons résultats sans altérer la philosophie de notre art, qui tient ses origines des rues du Bronx dans les années 70 ? Et ceci à une époque où regarder du break est devenu d’une simplicité sans précédent grâce à internet et aux réseaux sociaux notamment.

 

Forts de notre expérience dans les cours de break depuis plus de 15 ans, nous pouvons faire notre propre analyse et quelques évidences apparaissent à nos yeux.

 

La facilitation d’accès au break a conduit le b-boy ou la b-girl à un niveau technique qui dépasse l’entendement. Les lois de la physique sont mises à rude épreuve. Plus que jamais, le niveau est relevé et il ne cesse d’évoluer. Ce que nous pensions impensable il y a peu et devenu banal aujourd’hui.

La récurrence du break dans les médias et la multiplication des cours de break à travers le monde ont contribué grandement à cette évolution.

D’autres facteurs jouent également un rôle, comme l’organisation de concours de plus en plus structurés, sponsorisés et médiatisés qui permettent aux meilleurs danseurs de la planète de s’afficher et ainsi être vus par les futurs danseurs ou les jeunes apprenants. Nul doute que les Jeux Olympiques de Paris en 2024 vont amener le break à un niveau supérieur encore !

 

Face à cette accessibilité du break, comment adapter nos méthodes d’enseignement afin de rester fidèles aux valeurs de notre culture ? Comment faire perdurer la quintessence du break : la créativité et l’originalité ? Il est en effet impossible d’intégrer ces deux critères si la seule méthode d’entraînement est de suivre et copier les mouvements d’un prof ou même d’un autre danseur vu à travers un média.

 

Si enseigner est primordial pour le développement des bases et de la technique ou encore pour la préparation physique d’un(e) danseur(e), l’unique méthode qui consisterait à apprendre un pas ou un mouvement puis le reproduire a ses limites.

Le breaking n’existe que si il y a « partage », mot qui a une importance fondamentale dans la culture du break et celle du hip-hop en général. S’inspirer et échanger avec les autres est la clé de la réussite. Sans pour autant copier, ce qui est la faute ultime dans la culture du break.

 

Si on prend en considération l’aspect historique, il est indispensable pour un mentor ou un prof de break de partager ses connaissances. Chaque danseur doit proposer son propre style, son propre environnement et pour atteindre cet objectif, l’apprenant se doit d’avoir des connaissances de la culture, de l’histoire et des origines afin d’avoir différentes visions et approches du breaking et ainsi avoir les clés en main pour développer son propre break. Il doit pouvoir danser ce qu’il est, ce qu’il représente, d’où il vient. Créer sa propre identité artistique en s’inspirant et en s’appropriant des mouvements, des attitudes communes est la base même de la culture Hip-hop.

BreaKDANCE/BREAKING : Enseigner ou partager ?

En voici un bel exemple : cette attitude, que l’on peut souvent observer dans le break, trouve ses racines dans les premières années de la culture hip-hop. En effet, à la fin des années 70, début des années 80, les jeunes b-boys reproduisaient ce qu’ils voyaient dans leur quartier et l’intégraient à leur danse. Cette attitude n’est autre que celle d’un type du quartier, posé contre un mur, qui observe ce qui se passe autour de lui. C’est un exemple parmi des milliers d’autres.

On comprend donc que le rôle d’un prof dans ses cours de break n’est pas uniquement d’apprendre des mouvements, mais de partager et raconter l’histoire, sa propre histoire et celles de ses mentors, les anciens. Il partage ses connaissances et sa philosophie pour permettre le développement de vrais b-boys ou b-girls, performants d’un côté, mais également et surtout créatifs, originaux et représentant leur propre style, leur propre ville ou groupe auxquels ils sont rattachés. A nos yeux, un prof se doit de mener ses élèves vers l’autonomie, les laissant petit à petit se développer par eux-mêmes, s’auto-corriger, forts de la connaissance de la culture du break, de ce qui les inspire, de ce qu’ils aiment et de leur entourage.

 

Nous avons parlé des valeurs fondamentales du break que sont la créativité et l’originalité. Au terme de cet article, nous pouvons également y ajouter celle de la passation, de l’échange en modifier la conjonction « enseigner ou partager » en « enseigner et partager ».

 

Paulo & May

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